Les grandes histoires du Tour s’écrivent aussi à l’arrière

 

Les grandes histoires du Tour s’écrivent aussi à l’arrière

Ce mercredi entre Grenoble et le Col de la Loze, on savait les sprinteurs en danger sur l’étape reine du Tour de France avec deux ascensions Hors-Catégorie et des pentes vertigineuses pour finir. Distancé dès les premiers kilomètres du Col de la Madeleine, Bryan Coquard a subi mais son aventure sur la Grande Boucle continue grâce à un ange-gardien : Jens Debusschere.

 

Dès le kilomètre 0, les attaques sont nombreuses et près de 50 kilomètres sont couverts dans la première heure. Pas une partie de plaisir pour le plus grand nombre au sein du peloton car en plus de la vitesse, la route est mal plate jusqu’à La Chambre, pied du Col de la Madeleine. Souvent appréciée au goûter par les grands comme par les plus jeunes, cette madeleine fut indigeste pour certains aujourd’hui. Distancé dans les premiers kilomètres, Bryan Coquard se bat contre lui-même, contre ce satané genou gauche qui l’handicape depuis plusieurs jours.

 

Rapidement, Jens Debusschere l’attend. L’ancien Champion de Belgique, arrivé l’hiver dernier au sein du B&B HOTELS - VITAL CONCEPT p/b KTM, s’est mué en poisson-pilote depuis qu’il côtoie Bryan Coquard. Mais son rôle ne s’arrête pas là. Il s’est intégré au collectif Glaz et a su, ce mercredi, donner corps et âme pour son leader. Après l’avoir accompagné dans la montée, il a plongé dans la descente, tête dans le guidon. Puis a prolongé son effort dans la vallée jusqu’au pied du terrible Col de la Loze, laissant Bryan Coquard partir. Seul face à son destin, face à la montre.

 

Le sacrifice d'un homme pour son leader

 

Jens Debusschere le sait, il sera hors-délais. Son grand gabarit n’appréciera que très peu les passages à 24% proposés par cette ascension inédite. Mais son seul objectif aujourd’hui était de ramener Bryan Coquard dans les délais. Kilomètre après kilomètre, porté sur le bord de la route par les spectateurs présents, «Le Coq» appuie aussi fort qu’il peu sur les pédales. Relance, s’accroche, y croit. Désespérément seul. Sur la ligne d’arrivée, l’encadrement du club voit les secondes défiler, les coureurs franchir un à un la ligne dont Cyril, Quentin, Maxime, Pierre, l’autre Cyril puis Kévin Reza. Bryan arrive sous la flamme rouge puis à 500 mètres. Ça devrait le faire mais les derniers hectomètres sont terribles. Le podium débute, les lauréats se succèdent et enfilent leurs tuniques distinctives. Bien loin de cette euphorie, Bryan Coquard franchit la ligne. Plus de 35 minutes après Miguel Angel Lopez. Exténué, vidé, à bout. Mais encore en vie dans ce Tour de France. Quelques instants après son leader, Jens Debusschere passe la ligne d’arrivée à 2300 mètres d’altitude. Au-delà des délais, il est éliminé du Tour de France. Forcément un coup dur pour notre jeune équipe, arrivée au complet au départ de la 17e étape à Grenoble. Mais le collectif en sort grandi, soudé. Car la saison ne se termine pas ici à la Loze et l’histoire des Men in Glaz non plus. Au contraire, elle s’y forge.

 

 

L'instant Glaz

Bryan Coquard : «Une galère ! Jens m'a attendu dans La Madeleine et il a roulé toute la vallée, je lui ai pas passé un relais et j'ai fait la dernière montée comme je pouvais. Je ne sais pas ce qui me fait avancer dans ce moment-là... J'ai tellement ramassé aujourd'hui que l'on verra demain.»
Jens Debusschere : «J'ai essayé de rester avec lui dans le dernier col mais je ne pouvais plus. Je savais que je ne pourrai pas rentrer dans les délais avec les très forts pourcentages. J'ai vu l'arrivée de Lopez sur écran géant alors qu'il me restait neuf kilomètres. À la fin, on avait le choix de sauver Bryan ou moi, le choix a été vite fait.

Mardi prochain, il y a le Championnat de Belgique puis les Classiques. La saison n'est pas finie et j'espère donner mon maximum pour l'équipe.
» 

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